Comment rénover 350m² en très basse consommation ? | CD2E
Ce site utilise des cookies pour vous offrir le meilleur service. En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation des cookies

Comment rénover 350m² en très basse consommation ?

Plus d’un an après sa mise en route, Réhafutur 1, le laboratoire des solutions éco-constructives pour la filière du bâtiment, est prêt à délivrer un premier bilan.

Le projet

Il vise à tester une grande variété d’éco-matériaux existants à travers la rénovation en 2015 d’une maison d’ingénieur des mines à Loos-en-Gohelle. Au total, un bâtiment de 350 m² avec isolants, planchers et toiture équipés en capteurs de mesures d’hygrométrie du bâtiment, de résistance thermique, de température et de qualité de l’air : « Réhafutur 1 est un démonstrateur d’éco-matériaux, non une réhabilitation reproductible en l’état, explique Frédéric Laroche, en charge du projet au cd2e et son cluster Ekwation by cd2e, le cluster de la construction durable en région Hauts-de-France. Il a également pour vocation de fournir aux professionnels des informations sur  leurs impacts environnementaux. »

L’enjeu

Comment les solutions constructives se comportent-elles dans le temps ? Les logiciels de calcul de résistance thermique existants proposent des estimations « mais l’enjeu de Réhafutur 1 est de démontrer les performances réelles et in-situ des éco-matériaux, poursuit-il. On se rend compte aujourd’hui que la théorie ne correspond pas tout à fait à la réalité du terrain, avec des mesures en général moins performantes pour des matériaux classiques. » A l’inverse, certains éco-matériaux, comme le béton de chanvre, s’avèrent plus efficaces que leurs performances annoncées. D’où la nécessité de tester performance réelle sur la durée.

Chasse aux champignons

Tout est mesuré et éprouvé, même la capacité des éco-matériaux à transférer la vapeur d’eau à travers les matériaux car si le matériau ne gère pas convenablement cette propriété, le risque d’humidité à l’intérieur des murs est réel. A terme, le risque de moisissures, de champignons et au final, une mauvaise qualité de l’air intérieur. « Y-a-t-il risque ou non de dégradation accélérée de la solution constructive en choisissant tel ou tel matériau ? questionne Frédéric Laroche. Le choix de matériaux d’isolation adaptés à la brique, à la pierre, au béton… s’avère donc décisif dans le cadre d’une rénovation. Les éco-matériaux ont des propriétés particulièrement adaptés aux bâtiments anciens ».

Premier bilan tenu

« Nous avions prévu de diviser par dix nos consommations d’énergie. En consommant moins d’énergie pour chauffer 350 m² que pour le chauffage d’un appartement en ville, nous sommes déjà dans l’objectif de la très basse consommation », indique le chef de projet. Les données obtenues par les 80 capteurs sont actuellement traitées dans le cadre d’une thèse conduite par le laboratoire LGCgE à l’Université d’Artois, (ce laboratoire associe également  l’Ecole des Mines, L’Université de Lille et le groupe ISA-ISEN_HEI) Lille I. Résultat dans deux ans.
Depuis son ouverture au public, plus de 800 visiteurs par an – centres de formation professionnelle, maîtres d’ouvrage, collectivités territoriales, bailleurs sociaux – sont passés par le site pour interroger leur projet de rénovation en fonction des techniques éprouvées par Réhafutur. Certains ont depuis rejoint le cd2e et le cluster Ekwation pour des rendez-vous collectifs d’information sur les techniques et les produits, pour des suivis de chantier, des accompagnements de projet ou la création de regroupement d’artisans.

Réhafutur 2, coordonner les corps de métiers au service de la performance du bâtiment

La deuxième phase du projet consiste à rénover six maisons du patrimoine minier. Deux maisons rénovées en basse consommation ont été livrées en 2016 à Liévin, deux autres sont en cours de rénovation à Loos-en-Gohelle et deux démarrent cette année à Lens. « La problématique de la réhabilitation est transversale, commente Frédéric Laroche. Toutes les solutions thermiques et techniques existent sur le marché. Le premier enjeu est de faire le bon choix des techniques, entre l’isolant retenu, l’étanchéité à l’air et la ventilation adaptée. Le second, essentiel, est la coordination entre les différents corps de métier. L’éco-construction doit développer un nouveau savoir-faire pour que menuisiers, électriciens et plaquistes apprennent à coordonner leurs interventions ». Les chantiers réalisés par des regroupements d’artisans expérimentés ayant l’habitude de travailler ensemble sont les plus performants. Testé et validé sur Réhafutur 2.

   - Par Lise Dominguez -

Pour en savoir plus :
Frédéric Laroche : 06 01 70 14 81 www.cd2e.com / www.rehafutur.com