Les sites industriels et les entreprises consomment d’énormes quantités de chaleur, que ce soit pour des procédés de fabrication, le chauffage de locaux ou la production d’eau chaude sanitaire (ECS). Avec des toitures souvent vastes et bien exposées, des besoins thermiques stables ou saisonniers, et une recherche croissante de décarbonation, le solaire thermique représente une opportunité majeure pour réduire les coûts énergétiques et l’empreinte carbone.
30TWh
des besoins en chaleur basse température (≤ 100°C) dans l’industrie française (source : CEA)
79%
d’énergies fossiles pour la production de la chaleur industrielle en France (source : CEA)
17%
des émissions de GES en France en 2025 (source : SDES)
Le solaire thermique, atout stratégique pour l’industrie et les entreprises
En France, l’industrie consomme près de 18 % de l’énergie finale (source : SDES – Chiffres clés de l’énergie, 2025), dont une part importante sous forme de chaleur à basse ou moyenne température (49 % ≤ 200°C et 15.5% ≤ 100°C ). Que ce soit pour le séchage, la stérilisation, le lavage, le chauffage de locaux ou l’ECS, les entreprises ont tout à gagner à explorer des solutions renouvelables.
Ces consommations soulèvent des enjeux majeurs :
➜ Comment réduire une facture énergétique soumise à la volatilité des prix des énergies fossiles ?
➜ Comment sécuriser son approvisionnement face aux risques de pénurie ou de hausse des coûts ?
➜ Comment répondre aux exigences réglementaires sur la décarbonation du secteur et aux attentes des clients en matière de RSE ?
Le solaire thermique apporte des réponses concrètes à ces défis, tout en offrant une visibilité à long terme sur les coûts et une image d’entreprise engagée.
Le solaire thermique, une réponse adaptée à chaque secteur
Contrairement aux idées reçues, le solaire thermique n’est pas réservé aux régions du sud ou aux petites installations. Il s’adapte à une grande variété de besoins industriels, notamment pour les procédés nécessitant de la chaleur entre 30°C et 100°C.
Pourquoi l’industrie est un terrain idéal pour la basse température ?
Avec des toitures souvent vastes (entrepôts, usines, centres logistiques, terrains avoisinants non exploités) et des besoins thermiques constants, les entreprises disposent d’un potentiel solaire sous-exploité.
L’abondance du photovoltaïque dans le débat public est également un facteur qui participe à l’invisibilisation du solaire thermique, pourtant très pertinent. Une autre crainte serait le manque de pertinence de la production de chaleur en fonction de la localisation du projet, et d’autant plus dans la partie Nord du pays.
Pourtant, en Hauts-de-France ou en Bretagne, où l’ensoleillement est moins fort qu’en PACA, la productivité reste intéressante : entre 400 et 500 kWh/m²/an pour des installations optimisées.
À titre de comparaison, l’ADEME finance les projets affichant une productivité minimale de 350 kWh/m²/an via le Fonds Chaleur en région Hauts-de-France en considérant ce seuil comme un plancher pour la pertinence technique mais surtout économique.
Et pour les besoins à plus haute température ?
Certains secteurs nécessitent des températures supérieures à 100°C. Derrière le nom généraliste de « solaire thermique » se cachent différentes technologies qui peuvent répondre à ces besoins :
La diversité de ces technologies participe indirectement au manque de visibilité de la filière mais permet de lui assurer d’être en adéquation avec les besoins du projet que nous évaluons.
Un investissement rentable et vertueux
Le solaire thermique se distingue par son bilan carbone exceptionnel : 8 g CO₂/kWh pour le capteur seul, et 60 g CO₂/kWh avec stockage (source : ADEME – Base Carbone®, 2025).
Un investissement rentable et vertueux:
➜ Gaz naturel : ~200 g CO₂/kWh
➜ Électricité française : ~50 g CO₂/kWh (mix moyen)
➜ Fioul : ~300 g CO₂/kWh
Un atout de taille pour les entreprises engagées dans une démarche RSE ou souhaitant obtenir des certifications comme ISO 50001 (management de l’énergie) ou EcoVadis.
Et en termes de coûts, de quoi parle-t-on ?
Principal frein au développement de cet technologie, son coût d’investissement est élevé par rapport à d’autres : entre 1000 et 2500€/m² de panneaux (stockage et main d’ouvre compris).
Ce prix s’explique en partie par des installations qui doivent être réalisées de manière parfaite avec des matériaux résistants. Et ce pour une raison très simple, les panneaux solaire thermique ont une durée de vie allant au-delà des 30ans ! Il faut donc que le reste du circuit soit à la hauteur de cette longévité.
L’autre partie de l’explication se trouve dans les coûts opérationnels, c’est-à-dire les coûts d’approvisionnement, d’exploitation et de maintenance, qui sont fortement réduits comparés à d’autres solutions !
En effet :
➜ le coût d’approvisionnement est de 0€ sur toute la durée de vie de l’installation grâce au soleil (en dehors de l’énergie d’appoint) ;
➜ le coût d’exploitation est quasi inexistant en dehors de la consommation électrique de quelques éléments comme les sondes ou les circulateurs ;
➜ la maintenance se résume à un contrôle de l’état du glycol, son ajustement et de l’état des ballon et échangeurs.
Avec un suivi de qualité, votre installation sera durable et ne nécessitera que quelques changements d’organes sur toute sa vie !
Le piège du TRI – Temps de retour sur investissement
Le solaire thermique est une technologie avec un positionnement assez particulier lorsqu’elle est appliquée sur des systèmes existants.
En venant effacer des consommations existantes, souvent du gaz, le calcul du TRI devient dépendant du prix du gaz effacé. Ainsi le même projet sur deux campings différents, avec des coûts du gaz différents, amène un TRI différent.
Toutefois cette particularité est contrebalancée par un effet de sécurité énergétique : la partie des consommations effacées ne sera plus soumise à la volatilité des prix de l’énergie. Ainsi, si le prix du gaz augmente par exemple, le TRI diminue !
L’opportunité du tiers-investissement
NewHeat est un acteur majeur des installations de production de chaleur renouvelable en France et dans le monde.
Ils sont derrière le projet de Lactalis à Verdun, la plus grosse centrale solaire thermique industrielle française (voir fiche de retour d’expérience plus bas) et proposent une offre de tiers investissement prenant « en charge l’ensemble des coûts associés au projet grâce à [leur] offre de tiers financement, depuis les études de faisabilité jusqu’à la réalisation et l’exploitation des centrales de production de chaleur, et [se rémunère] par la vente de chaleur au compteur (vous payez ce que vous consommez). » Source NewHeat industrie
Sous les projecteurs !
Nous présentons ici le projet de blanchisserie 100% décarbonée de Netexial à Douvrin. Le projet inclus 90m² de panneaux solaire thermique plan SolisArt afin de chauffer les eaux de lavages des procédés, installés par l’entreprise CERH Vanderrusten qualifiée QualiSol Collectif et SOCOL Exploitant.
L’installation est complétée par deux Pompes A Chaleur (PAC) aérothermique pour assurer l’appoint de production de chaleur.
Netexial met en avant un projet parfaitement dimensionné et dépassant les attentes qu’ils pouvaient avoir avant de se lancer. L’image d’entreprise engagée pour sa transition énergétique et environnement fut un des points de départs pour le choix audacieux du solaire thermique.
Être accompagné et se financer
Les Hauts-de-France ont la chance de bénéficier d’un poste d’animateur régional solaire thermique, financé par la Région et l’ADEME.
Cet animateur a pour rôle de vous accompagner pour savoir si le solaire thermique est pertinent dans votre situation, vous orienter vers des professionnels qualifiés et vous aider à rédiger votre dossier de demande pour le Fonds Chaleur de l’ADEME.
L’animateur régional a aussi un rôle d’expert et accompagne les territoires délégataire du Fonds Chaleur par le biais d’un Contrat de Chaleur Renouvelable territorial (CCRt). Si votre projet se situe sur l’un de ces territoires (voir carte ci-dessous), il sera nécessaire de prendre contact avec le référent du CCRt correspondant et non l’ADEME pour votre demande d’aide.
Les points de vigilance
➜ Surchauffe
Lorsque la chaleur contenue dans les panneaux n’est pas utilisée/déchargée, la température monte et expose le glycol (le liquide qui transporte la chaleur) à des surchauffes. Exposé régulièrement à ces surchauffes, le glycol contenu dans le circuit va s’épaissir et “caraméliser” rendant l’installation inutilisable.
Un bon dimensionnement et une bonne exploitation doivent permettre de ne pas atteindre ce type de situation. Des circuits bien pensés peuvent utiliser la piscine pour décharger la chaleur, sécurisant vos panneaux et réduisant d’autant plus vos consommations !
➜ Erreurs d’installation et d’exploitation
Les installations solaire thermique, comme tout circuit énergétique, demandent un savoir-faire particulier et sont souvent plus sensible aux erreurs de montage/d’exploitation.
Avoir recourt à des professionnels spécialisés ayant les bonnes qualifications (Qualisol et SOCOL) permet de réduire le risque d’une installation de mauvaise qualité et assurer sa longévité.
➜ Manque de suivi à distance et sur place
Votre installation doit être équipée d’un système de télésurveillance accessible à distance afin de vérifier la bonne santé de celle-ci. En détectant les dérives au plus tôt, vous assurez une intervention de votre mainteneur rapide et qui préservera vos économies ainsi que votre investissement.
Vous avez un projet ? Besoin d’un accompagnement personnalisé ?
➜ Consultez le Guide CD2E Monter son projet solaire thermique en Hauts-de-France
➜ Contactez l’animateur régional solaire thermique des Hauts-de-France
Pour aller plus loin
Pour approfondir votre réflexion ou monter votre projet, voici une sélection de documents et outils de référence :
Retours d’expérience
➜ NewHeat – Usine de poudre de Lactoserum (groupe Lactalis) : 15 000m² et 8GWh Lactosol est la plus grande centrale solaire thermique française alimentant un site industriel à Verdun (55).
➜ Lys Services – Station de lavage de poids lourds : 1 200m² et 500MWh Première grande installation solaire thermique des Hauts-de-France.
➜ Netexial – Blanchisserie 100% décarbonée : 90m² (production en analyse). Un démonstrateur réussi pour Netexial avant de déployer le solaire thermique sur toutes ses autres blanchisseries.
Vidéos et Webinaires
➜ Webinaire CCI Grand Est – Potentiel et opportunités financières. Découvrez comment le solaire thermique peut réduire vos coûts énergétiques et décarboner vos procédés industriels dans le Grand Est. Optimisez votre production de chaleur tout en alliant performance et durabilité.
Formations
➜ INES – Solaire thermique dans l’industrie et dans les réseaux de chaleur Développez une vision globale de l’utilisation de la chaleur solaire dans l’industrie et les réseaux de chaleur
