quelques lignes, pouvez-vous décrire votre parcours et la fonction que vous occupez actuellement ?
L’Atelier POST est une société coopérative fondée en 2021 par Matthieu Maes et Félix Caucheteux, que j’ai rejoint en 2021. La création de cette coopérative est la résultante de cheminements personnels et professionnels, entamés dans des agences reconnues pour leurs exigences d’études et d’éxecution (TAG, VS-A, Sophie Delhay, HBAAT). L’Atelier POST se positionne comme un outil de production collaboratif, pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux qui transforment l’art de bâtir et plus largement, de faire société. Nous croyons à la possibilité d’un futur plus désirable, en sortant des logiques productivistes, néfastes et écrasantes : un monde post-carbone, post-capital, décroissant.
Quelles sont les missions et les valeurs de votre structure ?
Notre structure s’engage pleinement dans toutes nos missions, avec une appétence particulière pour la mission complète, qui vise à un partage collectif du récit de projet. De plus, notre éthique de travail est celle d’un respect de tous les intervenant/es, et ce à toutes les phases : MOA, bureaux d’études, habitants, riverains, futurs usagers, compagnons sur chantier, fournisseurs de matériaux, etc. Notre approche vise à impliquer concrètement chacun/e afin de tirer le meilleur parti des ressources disponibles, des énergies locales et des forces vives qui animeront le projet.
Concrètement, comment se traduit votre engagement dans votre activité au quotidien ? Avez-vous le sentiment de faire un métier différent des autres ?
Nous nous investissons totalement pour transformer les pratiques conventionnelles, au-delà des missions que nous réalisons.
Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez ? Y a-t-il des idées reçues contre lesquelles vous devez lutter ?
Aujourd’hui, le monde de la construction et la culture de l’art de bâtir sont imprégnées de décennies de croissance incontrôlée, résolument tournée vers une industrialisation maximale des pratiques. Notre approche tente au contraire de redonner la part belle à des pratiques et des ouvrages plus conviviaux, où l’humain retrouve une place plus importante, centrale. Cette méthodologie n’est que peu calibrée avec les automatismes culturels et conventionnels, dont la pédagogie permet de sortir avec motivation, engagement et enthousiasme. Là réside une de nos principales difficultés : pour autant, l’exigence montre que des voies alternatives sont possibles, réjouissantes et pleines d’espoir.
En quoi l’adhésion du CD2E vous a-t-elle été bénéfique ?
L’adhésion au CD2E nous a permis de développer notre réseau grâce à la mise en relation avec d’autres acteurs
Pouvez-vous nous présenter un ou deux projets/réalisations dont vous êtes particulièrement fier en lien avec l’éco-transition ?
Pour commencer, l’école maternelle de Bellignies est un projet ambitieux qui doit une grande partie de sa réussite à l’engagement de la commune commanditaire et de l’AMO qui l’a accompagné, en l’occurence Dientre. Notre associé sur ce projet était Studio Rijsel, mandataire de l’opération. En coeur de bourg, ce projet est celui d’un regroupement de classes et d’équipements municipaux avec ceux déjà en place, au sein d’une ancienne brasserie. Au-delà de l’aspect patrimonial notable, le projet s’est attelé à une concertation forte avec les futurs écoliers et leurs enseignants, ainsi qu’à la mise en oeuvre de techniques non courantes destinées au soin du bâti ancien : il s’agit notamment du premier ERP public des HdF isolé en terre-chanvre projeté (ici, la terre remplace la chaux).
L’office de tourisme intercommunal du Val de Somme est un équipement public implanté en bord de Somme. Celui-ci vise à capter le flux très important de mobilités douces bordant cette importante rivière régionale (vélos, piétons, plaisanciers, etc). Le projet est ambitieux sur le plan des techniques employées, et est à ce titre le premier ERP public des HdF en paille porteuse (le 3ème en France), une technique très peu courante, réalisée en chantier de formation. La MOA, dans son envie partagée de faire du projet une vitrine de savoir-faire, est sortie de ses habitudes pour oeuvrer à une réalisation qui soit la plus exemplaire possible dans un contexte où la construction conventionnelle est le réflexe premier.
Quelle bonne pratique, chiffre clé, élément type « Le Saviez-vous ? » aimeriez-vous faire connaître ?
Il y a assez de bâtiments vacants aujourd’hui en France pour combler le besoin de logements par le biais de la réhabilitation, sans avoir besoin de construire du neuf.
