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Partage des retours d’expérience de l’ERBM – 22 juin 2021

Article publié le : 7 juillet 2021

Retours d'expériences de l'ERBM

Le mardi 22 juin 2021 s’est tenu le 2ème évènement sur les Retours d’expériences ERBM des opérations de rénovation accompagnées. 

Cette conférence s’est déroulée en format mixte, présentiel et distanciel en même temps, permettant à une vingtaine de personnes de participer. Elle portait sur 3 sujets liés au montage d’opération et aux énergies renouvelables, et animés par 7 intervenants.

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Resumé du partage d'expériences

Thérèse Placek

 » L’ERBM est un contrat territorial signé en mars 2017 avec les départements du Nord et du Pas de Calais, la région Hauts de France, l’état et les 8 EPCI du Bassin Minier. Ces signataires ont pris l’engagement de faire converger leurs efforts et leurs actions pour éradiquer les logements miniers énergivores. Une approche intégrée a donc été mise en place afin de renouveler les cités minières mais aussi le bassin minier dans son ensemble, en agissant sur les logements, sur l’environnement urbain, sur la cohésion sociale et le développement social et économique.

Ce projet vise aussi à contribuer à l’émergence et à la montée en compétences de l’économie régionale de rénovation des bâtiments, y compris celle qui développe des techniques innovantes comme l’intégration des matériaux biosourcés.« 

Thérèse Placek, directrice de projet équipe d’appui ERBM 

VISUALISATION DU REPLAY

0 :00 :00 : Introduction par Christelle Sabarots, animatrice et Thérèse Placek

0 :11 :33 : Le Montage d’une opération de rénovation lourde : performance versus coût par Hervé Kozon, responsable du pôle études réhabilitation chez Maisons et Cités et intervention de Philippe Castelain, directeur réhabilitation et renouvellement urbain chez SIA Habitat 

0 :25 :38 : L’Ilot Parmentier : photovoltaïque et réseau de chaleur par Fabrice Domer, chef de projet – Maisons et Cités et Philippe Crapoulet du Bureau d’étude Bioclim.

01 :08 :10 : Photovoltaïque en autoconsommation collective à l’échelle d’une cité par Frédéric Sauvage, responsable réhabilitation et renouvellement urbain, SIA Habitat, Rémi Bastien, co-fondateur Enogrid et Jérôme Borne, président et co-gérant de Sunélis.

01 :37 :49 : Conclusion par Alexandre Pauvert, Consultant au CD2E

Montage d'opération

Intervenants :

  • Hervé Kozon, responsable du pôle études réhabilitation chez Maisons et Cités
  • Philippe Castelain, directeur réhabilitation et renouvellement urbain – SIA Habitat

Le parc immobilier possédé par Maisons et Cités est de 64000 logements dont 23000 devant bénéficier d’une réhabilitation thermique dans le cadre de l’ERBM.

D’après M Kozon, le projet ERBM a permis à Maisons et Cités de changer radicalement leur façon de réhabiliter les logements car ce sont des réhabilitations intégrées, obligeant ainsi les bailleurs sociaux à travailler en partenariat avec les communautés d’agglomération et les communes afin que les études de chaque entité se calquent sur les autres (restructuration urbaine, peuplement etc…), le but étant que les logements bénéficient d’une bonne réhabilitation thermique ainsi que d’une restructuration et d’une modernisation.

Pour ce faire, les chargés d’opération ont une équipe de maitrise d’œuvre composée de bureaux d’études, thermiciens, architectes etc… Avec le diagnostic thermique donné par la maitrise d’œuvre, maisons et cités envisage d’atteindre le niveau BBC rénovation dès le début du projet et essaye de s’en donner les moyens pour le mettre en œuvre. L’intention d’atteindre le niveau BBC donne droit à des subventions.

C’est ensuite le chargé d’opération qui décide ou non d’atteindre une bonne performance énergétique en fonction de l’équilibre de l’opération. Ce niveau BBC Rénovation a souvent pu être atteint sans avoir de surcout grâce aux subventions, mais parfois la configuration de logement fait que le surcout est trop important donc le niveau BBC rénovation ne peut pas être atteint.

Sur la Cité Barrois à Pecquencourt, Maisons et Cités a fait le choix de privilégier l’innovation en rénovant 50 logements en béton de chanvre. Cette technique a un coût supplémentaire par rapport à une isolation classique mais cela permet de développer la filière et de mettre en avant une technique novatrice.

SIA Habitat c’est 45000 logements pour 7500 logements minier.

SIA Habitat fonctionne de la même façon que Maisons et Cités : parfois des opérations s’équilibrent et d’autres non. Le but de SIA Habitat est aussi d’atteindre le niveau BBC rénovation pour leurs logements.

Pour M Castelain, les améliorations à apporter dans ces projets seraient d’avoir plus de concertation, que les comités de pilotages y soient intégrés, ainsi que d’harmoniser les façons de faire de SIA Habitat et Maisons et Cités.

L’ilot Parmentier : photovoltaïque et réseau de chaleur

Intervenants :

  • Fabrice Domer, Chef de projet – Maisons et Cités
  • Philippe Crapoulet du Bureau d’étude Bioclim

L’Ilot Parmentier est une opération de restructuration et de réhabilitation urbaine à Lens. C’est une cité UNESCO qui est maintenant inscrite dans la démarche de la 3ème révolution industrielle, le but étant d’en faire un laboratoire de recherche sur les principales thématiques de la 3ème révolution industrielle.

Sur la cité, 34 logements ont été démolis, des barres de 13 logements ont été transformées en hôtel 4 étoiles, 53 logements sont prévus en réhabilitation dans le cadre de l’ERBM et 110 logements seront construits.

Les 110 logements neufs seront du petit collectif, des équipements (micro-crèche, tiers lieu, ateliers d’artistes, espaces de coworking etc…). Les logements neufs seront équipés de panneaux photovoltaïques.

Les premières livraisons du projet devraient avoir lieu début 2022.

D’après M Domer, plusieurs contraintes ont été rencontrées par Maisons et Cités au moment de la conception du projet : échange difficile avec les locataires, administratif, ABF… Aussi, il y a eu beaucoup de surcout pour ce projet : prix TTC au-delà des 30 millions d’euro et prix de revient de 2250 euro du m2 de surface utile HT.

C’est la première opération pour maisons et cités qui s’inscrit dans la démarche rev3.

La particularité de l’Ilot Parmentier est que l’énergie qui alimentera les logements sera géothermique et photovoltaïque.

Le cœur de l’Ilot sera la maison des énergies, d’où partira l’énergie puisée dans la nappe, pour être redistribuée dans les différents hameaux de l’Ilot. Chaque hameau possède un local technique qui centralise l’énergie et le redistribue ensuite dans les logements du hameau.

La maison de l’énergie pourra être visitée vers octobre 2021.

M Crapoulet a exprimé l’envie de partager son système de réseau de chaleur, donc une question se pose : est ce que les professionnels seraient prêts à partager leurs travaux de recherche afin que la troisième révolution industrielle et le projet ERBM se fassent de façon commune en partageant les bonnes et mauvaises expériences de chacun ?

Photovoltaïque en autoconsommation collective à l’échelle d’une cité 

Intervenants :

  • Frédéric Sauvage, responsable réhabilitation et renouvellement urbain, SIA Habitat
  • Rémi Bastien, co-fondateur Enogrid
  • Jérôme Borne, président et co-gérant de Sunélis

SIA Habitat a mis en place un projet appelé Co&sia, qui vise à transformer les cités minières pour les rendre attractives, productives et tournées vers l’avenir, en lien avec l’ERBM. Le but de SIA Habitat, avec ce projet, est de lutter contre la précarité énergétique et de sensibiliser les habitants à la gestion de l’énergie pour augmenter leur pouvoir d’achat. SIA Habitat veut aussi développer une expertise sur les énergies renouvelables, préserver l’environnement et valoriser leur parc immobilier.

Pour le moment, deux projets sont en cours de conception : La Cité Victoire à Escaudain qui possède 125 logements et qui n’appartient par au projet ERBM, et la cité du Chauffour à Somain qui appartient au projet ERBM.

Le but est de rénover ces cités en y intégrant des panneaux photovoltaïques en autoconsommation collective.

 

L’autoconsommation collective existe depuis fin 2017 et permet d’associer un ou plusieurs producteurs d’électricité locale à un ou plusieurs consommateurs. Dans le cas des projets de SIA Habitat, le producteur est le bailleur social et le consommateur est le locataire. L’autoconsommation collective passe par le réseau public de distribution d’électricité, Enedis, il faut donc définir une personne morale organisatrice qui permet de relier le producteur et le consommateur d’énergie afin d’avoir un interlocuteur sur ce type d’opération.

L’avantage de l’autoconsommation collective est qu’elle peut s’appliquer à tout type de production d’énergie : photovoltaïque, solaire, géothermie etc…

SIA Habitat a développé l’autoconsommation collective à l’échelle d’une cité avec des panneaux photovoltaïques.

Les panneaux photovoltaïques sont intégrés dans la couverture des toitures, il y a des micros-onduleurs sous les modules photovoltaïques qui convertiront le courant continu en alternatif. Ce courant alternatif est ensuite réinjecté sur des compteurs Enedis dédiés à l’autoconsommation collective. Enedis va ensuite dispatcher la production dans les différents foyers.

Pour que l’installation soit optimale, il faut dimensionner la centrale photovoltaïque pour que la production soit adaptée à la consommation de chaque foyer.

SIA Habitat peut donc maintenant, grâce à l’autoconsommation collective, couvrir 15% des besoins énergétiques des habitants ce qui équivaut à une économie d’environ 45 à 50€ par an/ habitants sur leur facture d’électricité.

L’investissement de cette installation était de 1500€ TTC par logement. Pour Frédéric Sauvage, il y a des opportunités à faire ce choix là car c’est une démarche technologique innovante, c’est un gain pour l’habitant, ça valorise le patrimoine et ça préserve l’environnement. De plus, la région, dans le cadre de la 3ème révolution industrielle, subventionne 40 à 50% du projet.

SIA Habitat envisage de massifier ce genre de projet si cela fonctionne bien.

Conclusion d'Alexandre Pauvert, consultant Energies Renouvelables au CD2E

Le CD2E va mettre en œuvre plusieurs actions afin d’accompagner les professionnels du bâtiment dans des projets comme ceux vus pendant le Partage d’expérience. Ces actions peuvent avoir la forme d’ateliers entres professionnels ou alors de formations à destination de la maitrise d’ouvrage ou des professionnels. La plateforme Lumiwatt du CD2E peut service de centre de formation mais l’objectif à terme du CD2E est de pouvoir proposer des formations directement sur le chantier.

L’objectif de ces ateliers et formations est de faire monter en compétence la filière solaire ainsi que son développement économique dans la région Hauts de France mais aussi au-delà.